L’usine à gaz – Lu dans Transport Info du 14 novembre sous la plume de Francis Reyes
Voilà. C’est voté. L’article 60, partie intégrante du PLF 2009 et mesure définie par la loi Grenelle 1, entrera bien en vigueur en 2011. Le principe d’une taxe poids lourds est donc adopté. Reste désormais à en définir le mode de prélèvement et ses contours. Deux cartes et une note de travail que nous nous sommes procurées laissent entrevoir que le montant de l’éco redevance prélevé sur les véhicules de + de 3,5 tonnes prendrait en compte l’éloignement de certains départements français des foyers socio économiques de l’Union Européenne. En clair, on se réfère ici pour établir le mode de taxation kilométrique aux notions classiques de la géographie des territoires qui avaient servi à l’époque à définir le contour de la « banane bleue » européenne. Un concept élaboré il y a plusieurs années à l’époque de l’Europe des 12 et sans doute obsolète aujourd’hui puisque l’Union comporte 27 membres et que les zones urbaines millionnaires qui la constituaient ont évolué. Mais soit, même si est retenu cet indice classique construit à partir des 40 agglomérations millionnaires européennes pour évaluer le montant de l’éco redevance, il n’en faudra pas moins la prélever. Et c’est sans doute là que commencent les vraies difficultés. Car définir un mode de calcul de la facture à présenter au bénéficiaire de la marchandise constituera un véritable tour de force. Il faudra, en effet, des taux pratiqués selon les départements, défalquer toutes les exceptions arrachées au gouvernement (réduction du taux dans certaines régions, prise en compte des départements où les offres alternatives à la route n’existent pas, poids total autorisé en charge et pas seulement du nombre d’essieux). Evaluer l’éco redevance dans cet imbroglio qui confine à l’usine à gaz sera un véritable exploit.
Le gouvernement prévoit en 2009 90.000 destructions d'emplois dans le privé – Lu sur lesechos.fr du 18 novembre sous la plume de Véronique le Billon
Christine Lagarde et Eric Woerth ont détaillé, hier à l'Assemblée, les nouvelles prévisions de croissance du gouvernement. François Fillon réunit plusieurs de ses ministres, ce matin, sur les conséquences de la crise sur l'emploi.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et celui du Budget, Eric Woerth, se sont pliés à un exercice de diplomatie parlementaire, hier, devant des députés froissés de ne pas avoir été préférés aux sénateurs, au début du mois, pour l'annonce de la révision à la baisse - dans une fourchette de 0,2 % à 0,5 %, au lieu de 1 % - de la prévision de croissance pour 2009. « Il aurait été illogique et irraisonnable de faire le débat sur la programmation pluriannuelle des finances publiques au Sénat avec des prévisions dont nous savions qu'elles allaient être révisées de manière imminente », a justifié Christine Lagarde.
Depuis le 6 novembre, Bercy a eu le temps d'affiner son scénario. Selon l'addenda au Rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de Finances, le gouvernement révise massivement sa prévision sur les créations d'emplois l'an prochain : alors qu'il tablait en septembre sur 50.000 créations nettes dans le secteur marchand l'an prochain, il escompte désormais 90.000 destructions de postes. François Fillon reçoit, ce matin, plusieurs de ses ministres pour faire le point sur la crise financière et ses conséquences « en matière d'emploi ». Compte tenu de la relance des contrats aidés dans le secteur non marchand, le bilan sur l'emploi total serait plus amorti : les destructions atteindraient 13.000 emplois l'an prochain, contre 89.000 créations prévues au moment de l'élaboration du projet de budget 2009.
« Transparence » et « sincérité »
Le gouvernement table ensuite sur un ralentissement plus sévère qu'anticipé de l'investissement des entreprises : il ferait perdre un demi-point de croissance l'an prochain, quand Bercy pensait qu'il apporterait 0,2 point de PIB. L'exécutif reste en revanche relativement optimiste sur l'évolution de la consommation des ménages et sur les exportations. Après un creusement de plus de 15 milliards d'euros du déficit commercial cette année, à 55,2 milliards d'euros, un ralentissement inédit des importations, associé à des exportations favorisées par l'appréciation du dollar face à l'euro, limiterait le déficit à 42,3 milliards d'euros l'an prochain.
Insistant sur la « transparence » et la « sincérité » des prévisions gouvernementales - anciennes comme nouvelles -, Christine Lagarde a critiqué la multiplication des révisions des prévisions de croissance, qu'elles émanent du FMI, d'« économistes parfois réputés » ou même « du consensus de place ». La publication, hier par la Banque de France, de sa prévision de croissance pour le quatrième trimestre, à - 0,5 % (après + 0,1 % au troisième trimestre), n'a pourtant pas surpris le ministère de l'Economie. « Nous ne sommes pas rassurés non plus », reconnaît-on dans l'entourage de Christine Lagarde. Selon la Banque de France, « l'activité industrielle a enregistré un nouveau recul en octobre » et « les carnets de commandes, en baisse, s'établissent à un niveau nettement inférieur à la normale ».
La chute de la Bourse fait perdre plus de 1 milliard aux régimes de retraite complémentaire – lus sur le site lesechos.fr du 18 novembre sous la plume de Vincent Collen
La crise boursière pénalise le fonds de réserve pour les retraites, elle touche aussi les régimes de retraite complémentaire : Arrco (salariés du privé) et Agirc (cadres). Les deux régimes fonctionnent sur le principe de la répartition : les cotisations reçues paient les prestations versées. Mais ils ont des réserves et ces réserves sont investies en actions et en obligations. Elles devraient afficher cette année des résultats financiers négatifs. La perte sera d'une centaine de millions d'euros pour l'Agirc, comme l'a indiqué « La Tribune » hier. Mais, surtout, selon nos informations, elle sera d'environ 1,1 milliard d'euros pour l'Arrco. « Ces prévisions tiennent compte de l'effondrement des marchés financiers depuis le début de l'année », explique-t-on à l'Arrco-Agirc.
C'est la première fois que l'Arrco prévoit une perte pour ses activités financières. Le régime a publié, ces dernières années, de confortables bénéfices (voir ci-contre), grâce à la bonne tenue de la Bourse. Même en 2002, autre année noire pour les placements en actions, l'organisme de retraite complémentaire des salariés du privé avait réussi à sortir un résultat légèrement positif. En conséquence, le bénéfice de l'Arrco devrait être réduit à 200 ou 300 millions d'euros en 2008, à comparer aux... 3,5 milliards dégagés l'an dernier (l'Agirc se dirigeant vers une perte de 100 millions). La gestion des réserves se veut pourtant relativement prudente : les deux organismes n'investissent qu'entre 25 % et 30 % de leurs fonds en actions. Mais la chute de la Bourse a été si violente que l'impact a été important malgré tout.
57 milliards de réserves
Pour spectaculaire qu'elle soit, cette plongée dans le rouge est pour partie virtuelle. Elle est la conséquence des moins-values latentes que l'Agirc et l'Arrco doivent provisionner dans leurs comptes pour tenir compte du recul de la valeur de leurs lignes investies en actions. « Si la Bourse remonte en 2009, nous ferons des reprises de provisions, ce qui viendra gonfler le bénéfice l'an prochain », explique la même source. Surtout, ni l'Arrco ni l'Agirc n'ont besoin de toucher à leurs réserves pour le moment, car les deux régimes, pris ensemble, restent excédentaires. Les cotisations qu'ils perçoivent, auxquelles s'ajoute la contribution de l'Etat pour la prise en charge des mesures en faveur des carrières longues, sont supérieures aux allocations qu'ils versent aux retraités.
Les réserves sont, justement, le fruit de ces excédents accumulés. Elles devraient atteindre environ 57 milliards d'euros en fin d'année, contre près de 60 milliards fin 2007. Cela représente environ une année de prestations versées aux retraités. Mais les régimes ne devraient pas rester excédentaires bien longtemps. Pour l'Agirc, le déficit devrait apparaître dès les prochaines années, tandis que l'Arrco ne resterait dans le vert que jusqu'en 2012 ou 2013. Cette perspective sera l'un des sujets de la négociation des partenaires sociaux, qui se réunissent à partir de janvier pour décider de l'avenir des deux régimes.
Face à la crise, les industriels européens réclament une relance budgétaire d'urgence – lu sur le site lesechos.fr du 18 novembre sous la plume de Catherine Chatignoux
Après le G20, réuni au sommet ce week-end, c'est au tour de l'industrie européenne de réclamer des mesures urgentes de relance budgétaire pour contrer les effets de la crise économique. L'Allemagne et ses marges de manoeuvre sont particulièrement visées.
Les industriels européens sont très inquiets par l'ampleur prise par la crise économique. Réuni, hier, à Istanbul, l'European Round Table, un forum qui rassemble 47 des plus grandes entreprises du Vieux Continent, a publié un communiqué alarmiste appelant les gouvernements à des « mesures urgentes ». Ses membres constatent qu'ils n'ont « jamais assisté à une détérioration économique aussi rapide que ces dernières semaines » dans la plupart de leurs industries. Et réclament « des mesures supplémentaires pour stimuler la demande ».
Jugeant la situation « extrêmement dangereuse », les présidents de Nokia, de Saint-Gobain, de Siemens, d'Air Liquide ou de Nestlé, sont convaincus que la dégradation économique va s'aggraver tout au long de 2009. « Nos entreprises emploient presque 5 millions de salariés. Les conséquences sociales de la crise qui menace iront en s'accroissant », a notamment souligné Jorma Ollila, le président de Nokia et de l'European Round Table. Au-delà de la stratégie adoptée durant le week-end par les dirigeants du G20 à Washington, dont ils se disent satisfaits, ils réclament un plan d'urgence pour « stimuler la demande intérieure » en Europe, par le biais de politiques budgétaires adaptées et d'un accès plus facile au crédit. Le tout sans céder aux sirènes du protectionnisme.
L'Allemagne hésite encore
Le communiqué publié par cette association insiste sur le fait que l'Allemagne a une responsabilité particulière dans cette démarche : « Nous soutenons l'appel du G20 en faveur d'une relance budgétaire, particulièrement dans la principale économie européenne. » Depuis le début de la crise, l'Allemagne hésite à renoncer à l'équilibre des finances publiques qu'elle a durement atteint en 2007. Depuis quelques semaines, le gouvernement Merkel est assailli de demandes d'aide des constructeurs automobiles, qui doivent faire face à de fortes chutes de leurs ventes. Le plan de relance de 23 milliards d'euros adopté il y a une dizaine de jours par Berlin est plutôt mince, comparé à celui d'autres pays et surtout de nombreuses critiques se sont élevées contre les mesures « ciblées » qu'il privilégie.
Dans leur rapport annuel, publié il y quelques jours (« Les Echos » du 13 novembre), le « comité des sages » allemand, qui conseille le gouvernement, a dénoncé un « bric-à-brac » de projets isolés et « un activisme en partie motivé par les pressions des industriels ». Ils plaident pour « des mesures financières qui permettent une véritable politique de croissance ». Les industriels de l'European Round Table ne disent pas autre chose : « Nous n'avons pas besoin de subventions pour les secteurs en difficulté, mais de politiques fortes en faveur de la demande et des investissements dans les infrastructures. »
Le week-end dernier, les partenaires de l'Allemagne avaient déjà plaidé pour qu'elle s'engage dans une franche relance keynésienne.
« L'activité baisse, il faut se diversifier » - lu sur le site flash-transport.com du 18 novembre sous la plume de Omri Ezrati
En ces temps de crise où l'activité baisse, il est temps de se diversifier. Le transporteur Deroo, spécialisé dans la papeterie, un secteur qui subit la crise de plein fouet, l'a bien compris et va se diversifier...
Marc Deroo fait parler de lui dans le Nord-Pas-de-Calais. Et par ces temps où la conjoncture économique n'est pas au beau fixe, nos confrères de la Voix du Nord l'ont interrogé. Ils lui ont demandé quelles en sont les conséquences pour son entreprise et surtout pour la valeur ajoutée qu'il apporte, lui dont l'entreprise est spécialisée dans la papeterie, un secteur qui souffre beaucoup actuellement. « Notre société est divisée en deux. Le transport, d'une part, qui représente 70% de notre chiffre d'affaires, et la récupération des vieux papiers, cartons et ferrailles d'autre part », explique le transporteur à nos confrères. « Nous travaillons beaucoup pour toutes les papeteries du secteur (Gondardennes, Norampac, Cascades, Arjo-Wiggins et SICAL) ainsi que pour Arc International. Ce sont nos plus gros chargeurs. On va dans toute la France, mais aussi en Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas », dit-il encore.
Les vieux papiers, c'est son affaire
Lorsqu'on lui demande si la crise actuelle, notamment dans la papeterie, a un impact sur son activité, il répond : « On sent une baisse, effectivement. C'est pourquoi on cherche à se diversifier en allant un peu plus loin, mais toujours en accordant la priorité à nos clients locaux. Sinon, on peut transporter absolument de tout. Et la récupération des vieux papiers reste un secteur porteur, surtout depuis le Grenelle de l'environnement. » L'idée de récupérer les vieux papiers, explique le patron de cette belle entreprise nordiste, n'est pas nouvelle : « C'est mon grand-père qui a eu cette idée, après avoir créé l'entreprise juste après la Seconde Guerre mondiale. Il allait livrer en Belgique et il cherchait des livraisons pour le retour. Il a alors pensé à ramener des vieux papiers pour les papetiers. Désormais, on en récupère 11.000 tonnes par mois, jusqu'au nord de Paris, principalement dans les centrales d'achat et les hypermarchés Grâce à trois presses, on en emballe 250 tonnes par jour, triées en différentes qualités. Les trois quarts sont destinés aux papetiers de la région, le reste part en Belgique ou Hollande, voire en Inde ou en Chine, via des containers, en cas de gros besoins. » Les transports Deroo emploient au total 310 salariés, dont 250 chauffeurs.