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  Revue de presse : congrès de l'OTRE

Jacques Cheminade invité au Congrès 2009 de l’Organisation des transporteurs routiers européens

En raison de ses compétences économiques et de son analyse de la crise mondiale, Jacques CHEMINADE était invité à apporter son témoignage lors du Congrès 2009 de l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), qui se tenait au casino de Biarritz le samedi 4 avril. Le transport routier de marchandises et ses activités auxiliaires sont un élément majeur de l’économie française, employant plus de 590000 personnes dans quelque 30000 entreprises. L’OTRE est l’organisation de syndicats de proximité souhaitée par les transporteurs, qui revendique sa place à la fois européenne et au plus près du terrain. Ce Congrès rassembla près de trois cents chefs d’entreprise, permettant de pérenniser les liens qui les unissent aux fournisseurs.

Au cours de la matinée, les interventions des transporteurs et des chefs d’entreprise par région ont permis de constater l’esprit battant des uns et des autres, mais aussi la gravité de la crise. En effet, ce secteur a connu en 2008 2070 défaillances, dont 1638 disparitions nettes d’entreprises, alors que le premier trimestre 2009 a enregistré 415 procédures collectives de défaillance entamées, soit 46 % de plus que pour la même période de 2008 ! Les chiffres d’affaire ont décru de 20 à 30 % selon les entreprises et les régions. La gravité de la crise était donc présente dans l’esprit de tous, et même dans les intermèdes comiques de deux clowns invités pour l’occasion, témoignant du courage de ces femmes et de ces hommes capables de rire de leur malheur au milieu de leur combat.

Dans ce contexte, l’après-midi s’articula autour du thème unique de la crise et de ses conséquences, avec deux tables rondes animées, entre autres, par Jacques CHEMINADE et l’économiste lyonnais Laurent GUIHÉRY. Les interventions décapantes de Jacques CHEMINADE, favorisées par la structure questions-réponses retenue, sans discours académique, furent bien reçues par une salle appréciant ce défenseur de la production physique et du travail parlant sans langue de bois. Ses explications sur les montages financiers qui, depuis plus de vingt-cinq ans, ont créé les conditions de l’effondrement actuel éveillèrent beaucoup d’intérêt, car elles allaient droit à l’essentiel. Sa condamnation des résultats du G20, qui n’aboutit qu’à tenter de sauver ce qui ne peut l’être, n’a pas surpris une salle consciente que seuls des dirigeants capables de rétablir la priorité de la production et du travail peuvent changer les choses. Tous ont bien compris que la condamnation des paradis fiscaux est une mauvaise plaisanterie, alors que les banques françaises y ont placé 532 milliards dans plus de 1500 filiales, et surtout que les vrais paradis fiscaux comme la City de Londres et ses satellites n’ont pas été touchés. On a concentré le pouvoir de spéculer et de frauder sur la City et Wall Street, a répété CHEMINADE, ce qui est scandaleux.

Preuve fut ainsi faite que la vérité peut être comprise, même lorsqu’elle fait mal. Beaucoup de questions furent ensuite posées en privé au président de Solidarité et Progrès. Par exemple sur la concurrence des camionneurs des pays de l’Est, qui viennent charger jusqu’en Ariège par désespoir, même s’ils doivent s’en retourner quasiment à vide dans leur pays d’origine. Ces transporteurs français qui souffrent d’une concurrence faussée et injuste ne cèdent pourtant pas à la colère, sachant bien que seul le développement réel de l’Europe orientale et de l’Eurasie offrira à tous un territoire permettant un développement mutuel.

Expliqué dans ce contexte, le 4 avril à Biarritz comme le 2 à Bayonne, le concept du Nouveau Bretton Woods, abandonné par Nicolas Sarkozy à Londres, alors que c’est la seule voie qui permettrait une vraie reprise en rétablissant la priorité du financement des infrastructures et de la production, est rapidement compris dans toute sa portée.

Dans son discours de clôture du Congrès, le président de l’OTRE, Bernard LATASTE, présenta les propositions de son syndicat pour traverser la crise et relancer l’économie du transport routier.

Le report des prélèvements fiscaux et sociaux est la première mesure demandée, d’autant plus légitime aujourd’hui que le ministre de l’Économie et des Finances vient d’accorder à IVECO le report sine die des paiements de TVA et de taxe professionnelle. Ce qui vaut pour une entreprise de cette taille devrait à plus forte raison être accordé aux PME. L’augmentation de la prime à la casse devrait permettre la réduction du parc moteur français, qui est en surcapacité, et la modernisation de la flotte, avec en même temps une amélioration de l’empreinte écologique. L’annulation des augmentations des tarifs autoroutiers 2009 et le retour à la tarification 2008, ainsi que le maintien de la mesure 2008 sur le remboursement de la TIPP par anticipation, sont parfaitement légitimes en période de crise, de même que l’amélioration du contrôle du cabotage grâce à un carnet permettant d’éviter une concurrence indue de fraudeurs à la TVA européens.

Le plan de relance à moyen terme doit comprendre l’alignement sur la directive européenne concernant le temps de travail, en excluant les temps de disponibilité des heures rémunérées mais en compensant la sujétion du salarié par une indemnité. Le but est de conserver nos acquis sociaux tout en renforçant la compétitivité du pavillon français. La refonte de la convention collective et l’harmonisation de la fiscalité sur le gazole professionnel viennent compléter le dispositif, avec une redevance kilométrique dont le coût doit être mieux mesuré pour déterminer honnêtement la perte de compétitivité qu’elle pourrait entraîner. Préparer demain comprend aussi le ferroutage, après concertation avec les professionnels, et les autoroutes de la mer, en remontant vers le Nord. Envisager le transport ferroviaire et maritime de façon globale, à l’échelle européenne, avec des axes européens dédiés au transport routier de marchandises, est bien entendu la voie de l’avenir, ainsi que l’amélioration des matériels roulants. L’OTRE est à l’initiative du projet de véhicules émettant moins de CO2, consommant moins de carburant et à configuration adaptée au multimodal, avec pour partenaires Michelin et la Fédération française de la carrosserie.

Nous avons mentionné ces propositions de Bernard LATASTE et de ses amis car nous sommes convaincus qu’elles s’intègrent à notre combat pour un Nouveau Bretton Woods et un Pont terrestre eurasiatique. Le premier redonne la priorité au physique et au productif, en organisant son financement, et le second la dimension territoriale nécessaire à l’expansion du pavillon français, développé en commun avec d’autres pavillons pour être à la dimension du grand ensemble continental Europe-Asie.

Cela exige bien entendu un combat politique, qui est notre mission, afin d’offrir à nos enfants et petits-enfants un avenir à la mesure des justes espérances que nous pouvons avoir, et qu’aujourd’hui les responsables de la crise tariraient si nous les laissions continuer leurs folies.

par la rédaction S&P

17 avril 2009

http://www.cheminade-le-sursaut.org/Jacques-Cheminade-invite-au.html


Bulletin des Transports de la Logistique

numéro 3267 - 13 avril 2009 - p. 233 et 234



l'Officiel des transporteurs

numéro 2498 - 10 avril 2009 - p. 6 et 7

 

 


Transport Info HEBDO

numéro 230 - 10 avril 2009 - p. 12

 


 

+ 46 % de défaillances au premier trimestre 2009

Aux défaillances qui augmentent de façon vertigineuse dans le TRM, l’OTRE répond report des prélèvements, prime à la casse PL et retour aux tarifs autoroutiers de 2008. Mais son congrès 2009 va bien plus loin et mérite pleinement son « O » comme « originalité »...

415 procédures collectives entamées dans le transport au premier trimestre 2009, soit 46 % de plus en un an. Le TRM est ainsi le second secteur économique le plus en souffrance, derrière l’immobilier. C’est par ce triste constat que Bernard LATASTE a entamé son discours de clôture du neuvième congrès de l’OTRE, qui se tenait à Biarritz le 4 mars.

Mais Bernard Lataste n’est pas homme à se lamenter vainement en restant les bras croisés. Il a donc poursuivi avec une série de propositions pour traverser la crise et ensuite relancer l’économie du TRM.

Des propositions frappées au coin du bon sens

L’OTRE demande tout d’abord le report des prélèvements fiscaux et sociaux, afin que les entreprises puissent conserver un certain volant de trésorerie. L’État n’y perdrait pas car cette mesure aurait pour effet de maintenir l’emploi. Les recettes ne seraient que différées. L’OTRE propose également l’instauration d’une prime à la casse de 5 000 € pour les PL motorisés jusqu’à l’Euro 3 et une autre, de 10 000 €, pour un renouvellement contre un véhicule Euro 5. Puisque cette prime existe déjà pour les - 3,5 t, il n’y a qu’à l’instaurer pour les autres véhicules industriels. Cela présenterait deux avantages : une réduction du parc moteur français, qui est en surcapacité, et une amélioration de l’empreinte écologique du transport routier.

L’effet insidieux des péages autoroutiers

L’OTRE demande également l’annulation des augmentations des tarifs autoroutiers 2009. Sinon, le transfert de la circulation PL vers le réseau national va encore s’amplifier : - 20 % de CA sur le poste PL, par exemple, actuellement, pour les ASF.

L’OTRE réclame également le maintient de la mesure 2008 sur le remboursement de la TIPP par anticipation.

Autre mesure originale proposée par l’OTRE, un plan de formation des chefs de PME de moins de 20 salariés sur la gestion de la crise : comment tenir un tableau de bord et parvenir à une réduction de ses coûts ; améliorer la productivité de l’outil de production.

Beaucoup de grain à moudre, suite au congrès

Par ailleurs, l’OTRE a fait de nombreuses propositions concernant le cabotage, un plan de relance pour le moyen terme comprenant des mesures structurelles, sur la redevance kilométrique, ainsi que sur la préparation de l’après crise. Autant de points sur lesquels nous reviendrons dans de prochains articles faisant suite à ce premier congrès du nouveau président de l’OTRE, qui fut un coup de maître. 

Une organisation sans faille et un déroulé sans fausse note, grâce à la mobilisation de tous les permanents et aux nombreux partenaires qui avaient répondu présent.

Rédacteur : Gérald Bernard

+ 46 % de défaillances au premier trimestre 2009

Le lundi 6 avril 2009

http://www.flash-transport.com/portail/Accueil.html


9e Congrès OTRE : “la guerre avec la FNTR est finie !”

L’OTRE avait choisi le Casino de Biarritz pour organiser son 9e congrès. Certains diront que c’était un pari osé d’organiser une telle manifestation dans un casino dans un contexte de crise économique. L’absence de Jean-Pierre MORLIN (ex-président) a marqué ce congrès qui a été l’occasion pour Bernard LATASTE, le tout nouveau président d’exprimer ses idées. L’arrivée de Bernard LATASTEsemble marquer un nouveau départ pour l’OTRE qui fêtera l’an prochain son 10e anniversaire. “c’est un nouveau souffle” me confiait l’un des transporteurs-adhérents, “bien que le travail sur le terrain reste important, nous attendons beaucoup des instances de notre organisation”. Le président a prôné l’ouverture et un travail de fond avec les autres organisations, n’hésitant pas à déclarer lors de son discours de clôture : “la guerre entre l’OTRE et la FNTR est finie, travaillons ensemble !”. Parmi les personnes croisées, signe d’un changement : Bruno ROUY, président de Promotrans (le groupe lié historiquement à l’UNOSTRA avait son stand) ou encore Jean-Noël THÉNAULT, pdg de Volvo Trucks France (nouveau partenaire du congrès).

Propos recueillis par Hervé Rébillon (Truck Blog)


INTERVIEW DE BERNARD LATASTE, président de l’OTRE

Reconnaissance et ouverture

Lors de ce 9e congrès, Bernard LATASTE, président de l’OTRE, a accordé une interview à Truck Blog. Il confirme une volonté de changement et surtout la reconnaissance dont bénéficie aujourd’hui l’organisation. Il revient lors de cet entretien sur la “passation de pouvoir” avec Jean-Pierre MORLIN et sur les principales mesures que l’OTRE propose au gouvernement. On retiendra la demande d’une exonération du 1er acompte de la taxe professionnelle prévue en juin prochain.

Truck Blog : Comment vivez-vous la succession de Jean-Pierre Morlin ?

Bernard LATASTE : Cette succession, je ne l’avais pas prévue du tout. Il y avait deux ou trois personnes susceptibles de reprendre sa suite. Je pense que j’ai été celui qui était le plus libre pour pouvoir assurer cette succession. Donc j’ai fait le pas en avant. Je n’ai jamais trahi Jean-Pierre MORLIN sur quoi que ce soit. Je lui ai toujours dit la vérité. Il est absent et aujourd’hui, il manque d’autant plus que c’est un beau congrès. J’espère que sur le temps - le temps est un grand médiateur - nous reverrons Jean-Pierre MORLIN à l’OTRE. Une page est tournée mais nous n’oublions pas son travail. Si l’OTRE est là aujourd’hui, c’est vraiment grâce à lui.

Truck Blog : Quelles sont les principales mesures conjoncturelles et structurelles présentées ici à Biarritz ?

BL : Dans le cadre d’un plan de soutien et de relance des PME du transport routier, nous proposons un gel et non un report des prélèvements obligatoires (sociaux et fiscaux) des entreprises. Ces mesures permettraient de déclencher de la trésorerie pour nos transporteurs. Autre point important : nous invitons les sociétés d’autoroute à annuler toutes les augmentations de péage pour 2009 avec un gel des tarifs sur la base de l’année 2008. Par ailleurs, nous souhaiterions que Dominique BUSSEREAU reconduise les mesures prises lors de la crise des prix du carburant au 1er semestre 2008 : un remboursement accéléré et anticipé de la TIPP du 1er semestre 2009. Nous demandons enfin au gouvernement de mettre en place une prime à la casse de 5 000 euros par camion mis à la casse et 10 000 euros par camion mise à la casse et remplacé par un véhicule Euro 5.

Truck Blog : la suppression de la taxe professionnelle prévue en 2010 va-t-elle contribuer à aider  réellement les transporteurs ?

BL : Comme le propose TLF, nous demandons d’ores et déjà au gouvernement une exonération du 1er acompte de la taxe professionnelle prévue en juin prochain. Là encore, cette mesure si elle était acceptée par le gouvernement permettrait aux transporteurs de souffler un peu.

Truck Blog : Où en est le projet du 25,25 m qui a été accepté par le gouvernement ?

BL : Avec les autres partenaires du Club 25,25 mètres, l’OTRE a beaucoup travaillé. Le ministère des Transports devrait très vite conclure à une expérimentation dès cette année. Nous y croyons beaucoup à l’OTRE. C’est un procédé qui est réalisable car il utilise du matériel classique et recyclable. Il existe deux caisses mobiles sur ce type de véhicule, l’une de 13m50 et l’autre de 7m80. C’est du matériel standard qui peut être mis d’autant plus sur des trains.

Truck Blog : que proposez-vous de nouveau dans le dossier du Cabotage à un mois de l’ouverture du marché français à sept nouveaux pays d’Europe de l’est ?

BL : Vous ne passez pas au feu rouge par peur du gendarme. Il existe un système de contrôle qui vous empêche de franchir certaines limites. Je pense qu’aujourd’hui le meilleur garde-fou pour le cabotage c’est un carnet de cabotage. Par ailleurs, nous nous rallions à la FNTR qui souhaite avec la clause de sauvegarde un report de 6 mois de l’ouverture prévue le 1er mai prochain. Et je dis : profitons de cet éventuelle période de 6 mois pour mettre en place ce carnet de cabotage.

Truck Blog : une enième taxe se profile pour le secteur, la taxe carbone, quelle est la position de l’OTRE ?

BL : La taxe carbone, nous disons pourquoi pas à condition que nous n’ayions plus la taxe professionnelle. Cette taxe supplémentaire comme elle se présente devrait porter tort dans la pratique plus aux transporteurs français qu’à ceux étrangers. Dans ce contexte de crise, le report de cette taxe serait une bouffée d’oxygène pour la profession.

Propos recueillis par Hervé Rébillon (Truck Blog)


9e congrès OTRE : “nous demandons une exonération du 1er acompte de la taxe professionnelle”, selon Bernard LATASTE, son président

Le 9e congrès de l’OTRE à Biarritz s’est clôturé en début de soirée par le discours du nouveau président, Bernard LATASTE qui a rendu un hommage au “président historique”, Jean-Pierre MORLIN à qui “il avait promis de ne pas en parler” précisant “mais je ne peux pas passer sous silence son action”. Bernard LATASTE parle même de “présidence non prévue” le concernant.

Pour Bernard LATASTE, “l’OTRE est désormais une organisation reconnue : “notre organisation professionnelle fut longtemps qualifiée de régionale voire de petite structure. L’OTRE est aujourd’hui en permanence sollicitée pour des études ou des colloques” se réjouit le président.

C’est la crise qui fut au cœur de son discours. “2008 a eu son lot de défaillances d’entreprises. 2009 s’annonce encore pire” prévient le président. Ainsi 415 entreprises de transport ont rencontré des problèmes au cours du premier trimestre de l’année 2008, soit 46 % d’augmentation. “Le TRM est le second secteur le plus touché par la crise après l’immobilier” souligne Bernard LATASTE, “nos entreprises nous annoncent une amputation de 15 à 20 % de leur chiffre d’affaire de 2008 !”.

Revenant sur les aides apportées par l’État au secteur automobile, le président tient à préciser au représentant de Dominique BUSSEREAU, Michel VERMEULEN, présent dans la salle que “275 000 personnes travaillent dans l’automobile, 592 000 dans le TRM soit le double. Le TRM n’est pas reconnu à sa juste valeur. Alors quelles aides nous attendent ?”

Le président demande au gouvernement concernant la taxe professionnelle une exonération du 1er acompte de juin pour les transporteurs. Et renouvelle ses demandes dont la suppression de la valeur des matériels roulants dans le calcul de l’assiette de la taxe professionnelle dans l’attente de la suppression totale de la Taxe professionnelle et la proposition TLF faite mercredi soir, de demander que l’État mette en place un groupe de travail spécifique au TRM sur la suppression de la TP.

la suite du discours

La redevance va entrer en vigueur dès 2011, demain. Mais déjà l’Alsace va expérimenter cette taxe dès 2010. Les montants aujourd’hui évoqués sont exhorbitants. Il n’est pas possible à ce niveau pour une PME d’absorber la charge de cette taxe. Elle double le prix du transport. “Et arrêtons de croire en une quelconque clause de répercussion de la charge sur nos chargeurs. C’est aller contre la compétitivité de nos PME” précise Bernard LATASTE.

Bernard LATASTE est clair, “l’OTRE demande explicitement également à l’État un report de la fiscalité et des charges sociales pour dégager de la trésorerie”, s’en oublier de “faire glisser la prime de mise à la casse automobile de 2 000 euros à 5 000 euros pour un poids lourd. Et encore, ce serait intelligent de proposer une prime de 10 000 euros pour le passage à l’Euro 5″. Quant aux sociétés d’autoroute, le président de l’OTRE leur demande de revenir sur les prix 2008 et de geler les prix des péages jusqu’à la fin de la crise”. “Cette prime existe pour les -3,5 T, pourquoi attendre pour l’instaurer sur les autres véhicules industriels ? Deux avantages : réduction du parc moteur français qui est en surcapacité ; amélioration de l’empreinte écologique du Transport routier.”

Parmi les mesures demandées au gouvernement : le maintien de la mesure 2008 sur le remboursement TIPP par anticipation et le plan de formation à destination des chefs de PME moins de 20 salariés sur la gestion de crise : “comment tenir un tableau de bord et parvenir à une réduction de ses coûts ; améliorer la productivité de l’outil de production. À ce titre là, l’OTRE s’intéresse fortement au plan de soutien mis en place par la République fédérale d’Allemagne vis-à-vis de ses PME de transport routier, dernièrement” indique le président.

Attendu sur la question du cabotage, Bernard LATASTE déclare, “il est important de canaliser le cabotage. L’OTRE propose de créer un carnet de cabotage qui serait confiée aux organisations professionnelles”. (carnet avec les mentions obligatoires rappeler que le règlement européen permet l’instauration d’un tel document ; la co-responsabilité du donneur d’ordre ; maintien de l’autorisation de circuler sur le territoire français 45 jours par an au plus). Sur la position OTRE vis-à-vis de l’amendement gouvernemental : “ce texte est sur la bonne voie, mais reste trop timoré”.

Sur la fraude à la TVA : conséquence directe pour les PME françaises, “leurs concurrentes européennes sont 20 % moins chères… le carnet de cabotage empêchera cette fraude. Le président LATASTE a donné un exemple concret d’un transporteur portugais cabotant depuis le début de l’année illégalement sur notre territoire avec fraude fiscale.

Concernant le Plan de relance, voici les mesures structurelles évoquées par le président lors de son discours :

- définition du temps de travail dans le transport routier : alignement sur la règle européenne l’OTRE soutient le scénario 3 du rapport LIEBERMANN et rappelle qu’en son temps elle avait demandé cette solution à Monsieur DOBIAS, précédent haut fonctionnaire chargé de transposer la réglementation européenne en la matière. L’OTRE était donc déjà précurseur sur ce dossier aussi.

- développement sur la refonte de la convention collective ; l’OTRE est favorable à cette réforme qui devra prendre en considération la formation de salariés, leurs qualifications et non plus la quantification de leur travail ;

L’OTRE est prête à s’asseoir à la table des négociations avec les partenaires sociaux salariés.

- continuer à demander l’harmonisation de la fiscalité sur le gazole professionnel. “La résolution du Parlement européen du 13  mars 2008 sur la modification de la directive permet de diminuer la taxe sur le gazole professionnel lorsqu’un état instaure la taxe kilométrique : c’est le cas de la France”.

Propos recueillis par Hervé Rébillon (Truck Blog)


9e congrès OTRE : “nous attendons la prochaine crise, l’éco-taxe”

Après avoir passé en revue les régions et leurs problèmes locaux et spécifiques (filière bois, benne céréalière), le congrès aborde cette après-midi “la crise dans le Transport” sous forme de tables rondes.

Plusieurs adhérents transporteurs se sont exprimés sur leur propre expérience sur la crise financière puis économique. Pour l’un d’entre eux, “la crise a été avant tout un manque de confiance” ajoutant, “nous avons constaté un déplacement de clientèle. Les clients se reportent sur des transports locaux dans leur propre pays” en particulier vrai chez les frontaliers.

Mais ce qui ressort de cette après-midi de débats, avant le discours de clôture du président Bernard LATASTE, c’est le pessimisme ressenti par les transporteurs : “nous pensons déjà à la prochaine crise. Pour nous, l’éco-taxe est un réel problème économique qui risque de s’accroître en 2010 avec l’entrée en vigueur de cette taxe.” Par ailleurs, de plus en plus de transporteurs constatent et subissent une baisse des tarifs dûs à la baisse des volumes. Une baisse des tarifs qui devient une pratique courante chez des transporteurs étrangers, notamment les Polonais. Mais pour un économiste présent lors des débats, “il faut soutenir mais aussi innover, les entreprises de demain sont les investissements d’aujourd’hui”.

Propos recueillis par Hervé Rébillon (Truck Blog)


 9e congrès OTRE : les régions et la crise passées au crible

Après le sud-ouest et les problèmes de la filière bois, c’était au tour de l’ouest et du secteur de la benne céréalière,  qui était passé au crible ce matin lors de la première partie du 9e congrès de l’OTRE à Biarritz.

Dans l’ouest, les bennes céréalières subissent elles aussi la crise. “Avec le même tonnage, on a perdu du potentiel, il nous a fallu partager le même gâteau” souligne une dirigeante d’entreprise qui fait remarquer que sa société a perdu depuis janvier 26 % de son chiffre d’affaire. Un transporteur des Deux-Sèvres spécialisé dans la sucrerie (betterave) se heurte à la concurrence déloyale venue du Portugal : “on ne compte plus le nombre de camions immatriculés 30 jours au Portugal puis 30 autres jours en France” souligne-t-il ajoutant, “notre soucis actuel est que nous sommes tous passés en 44 tonnes”.

La région Nord a été particulièrement remarquée lors de la matinée, “toute nouvelle arrivée au sein de l’OTRE” comme l’a rappelé Pascal DEBRUYNE de l’UNOTRE-Pas de Calais. Enfin, les transporteurs du sud-est souffre de la concurrence de ses voisins comme l’Italie, notamment chez les terrassiers qui ont perdu des marchés. “Nous nous occupons un peu plus qu’avant de la concurrence” fait remarquer un transporteur de PACA.

Propos recueillis par Hervé Rébillon (Truck Blog)


 Ouverture du 9e congrès OTRE à Biarritz…

“la reprise en 2010" ?

Près de 250 chefs d’entreprise assistent au 9e congrès de l’OTRE qui vient de s’ouvrir au Casino de Biarritz. Le tout nouveau président Bernard LATASTE accueille dans sa région (il est le gérant des transports LATASTE installés à Bayonne) le congrès de l’OTRE qui tentera aujourd’hui d’analyser la crise qui frappe de plein fouet le secteur du Transport Routier. Le président LATASTE s’est déclaré inquiet quant à l’avenir, “les prévisions sont alarmantes. Nos adhérents s’étonnent de l’annonce de la reprise de l’activité pour 2010.”

La matinée est consacrée aux régions sur le thème “la crise dans le Transport : le tour de France de nos régions”. Plusieurs transporteurs régionaux interviennent. Les débats ont débuté avec la filière bois doublement touchée par la tempête de janvier et la crise actuelle. “Hormis l’exportation, nous rencontrons un gros problème d’évacuation. L’offre est trop forte par rapport à la demande qui est faible. Du coup, on tape sur la prestation Transport et Logistique” fait observer un chef d’entreprise ajoutant, “contrairement à la tempête de 2 000, cette fois la filière subit la crise économique générale”. Autre problème de taille pour la filière, le nouveau décret du 31 juillet 2009 qui devrait “uniformaliser” le secteur. Or constate un transporteur du Jura, “dans notre région, nous transportons des longueurs de 25 mètres et nous sommes en 44-48 tonnes. Avec le nouveau décret, nous serons obligés de nous mettre en convoi exceptionnel”.

Propos recueillis par Hervé Rébillon (Truck Blog)